L’Académie, nom donné au premier collège établi sur ce site, accueille ses premiers élèves le 23 septembre 1846, sous la direction du grand vicaire Antoine Manseau, curé de la paroisse Saint-Charles-Borromée. Dès l’année suivante, la communauté religieuse des Clercs de Saint-Viateur, nouvellement arrivée de France, prend en main la gestion de l’établissement qui est alors désigné sous le nom de Collège Joliette en l’honneur de son fondateur, l’honorable Barthélemy Joliette. Ce dernier avait fait construire le collège afin de préparer des gens « capables de faire honneur à leur race dans la finance, le commerce et l’agriculture ». Cette mission répond parfaitement à la visée première du fondateur : le développement économique du village d’Industrie (aujourd’hui la ville de Joliette) et l’éducation de ses nouveaux citoyens.

Le collège d’origine (un édifice de deux étages mesurant quatre-vingts pieds de long sur quarante pieds de large) subit de multiples transformations au fil des ans afin de répondre à une clientèle toujours plus nombreuse. L’établissement scolaire connaît des débuts modestes, mais il est voué à un rapide développement.Entre 1846 et 1908, une nouvelle construction s’ajoute à l’édifice original en moyenne à tous les cinq ans. Le collège à vocation commerciale et industrielle est officiellement reconnu comme « collège classique » en 1873 et affilié à l’Université Laval en 1880. En 1904, à la suite de la création du diocèse de Joliette, le collège devient le Séminaire de Joliette à la demande de son premier évêque, monseigneur Joseph-Alfred Archambault. Il demeure administré par les Clercs de Saint-Viateur, fortement secondés par les prêtres diocésains.

La première moitié du vingtième siècle marque l’apogée des grandes productions théâtrales, l’ensemencement musical du sol joliettain et l’émergence de nombreuses équipes sportives. En 1968, le Séminaire de Joliette vend son immeuble au gouvernement du Québec, favorisant ainsi la mise sur pied du Cégep de Joliette, responsable de l’enseignement collégial. De son côté, le Séminaire, devenu locataire de ses propres locaux, poursuit ses activités éducatives au niveau secondaire.

En 1986, après une présence de 139 ans, le manque de relève chez les Clercs de Saint-Viateur amène ces derniers à cesser leur mission d’enseignement et à confier leur oeuvre à une corporation laïque. Le Séminaire de Joliette prend alors le nom d’Académie Antoine-Manseau. Tout un retour aux sources! La nouvelle institution retrouve son appellation d’origine, associée à la mémoire de son premier directeur.

L’Académie Antoine-Manseau, c’est aujourd’hui l’école de 1846 qui a toujours su tenir compte des transformations sociales et des nombreux changements survenus dans le monde de l’éducation afin d’offrir à sa clientèle étudiante un enseignement de qualité, adapté à la vie d’aujourd’hui et aux besoins du monde contemporain.


Roger Desrochers, enseignant retraité

Juin 2009